jeudi 28 mars 2013

Street Connec Sion - La rue Trumpledor





C'est au calme, au croisement du parc Méïr, que commence la rue Trumpledor à Tel Aviv. Evitant les grands axes, c'est une rue agréable pour se promener depuis le parc jusqu'à la promenade Herbert Samuel, la Tayelet de la plage, tout en croisant les grandes rues que sont Pinsker, Ben Yehouda ou Hayarkon.

Joseph Trumpeldor
En dehors des hôtels de la plage, la rue Trumpledor à Tel Aviv est celle du cimetière du même nom. Souvent désigné comme le «vieux cimetière» de Tel Aviv, il s'agit du cimetière historique de Tel Aviv. Il couvre 10,6 hectares et contient environ 5.000 tombes, dont celles de nombreuses personnalités et figures du pays et de son histoire. Le milliardaire israélien Sammy Ofer y a été enterré en 2011, rejoignant les fondateurs de la ville de Tel Aviv et des personnalités culturelles et historiques d'Israël, comme le deuxième premier ministre d'Israël : Moshe Sharett.

Le cimetière a été fondé en 1902 sur une parcelle de terrain alors inoccupée à l'extérieur de Jaffa, six ans avant la fondation d'Ahouzat Bayit, la société qui a créé Tel Aviv. Son emplacement était alors loin des zones peuplées. Aujourd'hui il est situé en plein centre de Tel-Aviv, entre les rues Hovevei Zion et Pinsker, où les trois portails d'entrée sont situés. La porte orientale est la plus ancienne et comprend les tombes des premiers dirigeants de Tel-Aviv et de Jaffa. Les tombes des personalités se trouvent généralement dans le coin sud-ouest. La porte principale (au centre) a été ouverte en 1926, à l'inhumation des restes de Max Nordau. Aujourd'hui, seules les personnes détenant des parcelles achetées il y a longtemps et un petit nombre de personnes prêtes à payer plusieurs milliers de dollars pour y être enterrées, peuvent l'être.

Le cimetière Trumpeldor était le seul cimetière à Tel-Aviv jusqu'en 1932, lorsque le cimetière Nahalat Yitzhak a été ouvert.

Son nom n'a pas été choisi au hasard. Le cimetière, lieu de repos des morts, a été nommé du nom de celui qui est resté dans les mémoires justement pour sa mort : Joseph Trumpeldor. Bien que sa vie ait été tout à fait honorable et honorée, c'est sa mort qui est souvent citée en exemple de sioniste, lorsque, mourant au combat pour défendre la forteresse de Tel Haï, il se serait exclamé, selon la légende : "qu'il est bon de mourir dans son pays".

Joseph Trumpeldor, né en 1880 à Piatigorsk en Russie, dans la région du Caucase, fut le soldat juif le plus décoré de l'armée russe avec quatre décorations pour bravoure après avoir perdu un bras dans la guerre russo-japonaise de 1905. Il devint ensuite officier de l'armée russe à une époque où cela était strictement interdit aux Juifs, ce qui témoigne de sa reconnaissance dans l'armée. C'est en outre en tant que militaire qu'il fut autorisé à s'installer en dehors de la région dite « zone de résidence » (à l’ouest de l’empire russe) en dehors de laquelle les juifs n’avaient normalement pas le droit de résider.

Mais, après des études de droit à Saint Petersboirg, il immigra dans le futur Israël en 1912. Il est connu pour son aide dans la création des légions juives et pour l'organisation de l'immigration des Juifs vers le futur État d'Israël, qui faisait alors partie de l'Empire ottoman.

C'est au cours de la Première guerre mondiale, lorsqu'il fut expulsé vers l'Egypte par les Ottomans, comme d'autres hommes de nationalité russe, que Trumpledor rencontra Jabotinsky et développa l'idée d'une légion juive.

En 1915, le "corps des muletiers de Sion" fut formé, considéré comme la première unité militaire composée uniquement de juifs (sauf certains officiers) organisée depuis 2000 ans. Ce fut le commencement idéologique des forces de défense israélienne. 
Puis, après la dissolution du "corps des muletiers de Sion", fin 1915, Trumpeldor participa au travail de Vladimir Jabotinsky en faveur de la création d'unités militaires juives plus importantes sous direction britannique, qui ont vu le jour en 1917 : la Légion juive.

Symbole du sionisme et des premières forces militaires juives avant la Haganah, l'Irgoun et Tsahal, on sait généralement moins qu'à l'origine, Trumpeldor fut un anarchiste et un disciple de Kropotkine, ce qui n'était pas le cas de Jabotinsky. Il aurait déclaré en effet « je suis un anarcho-communiste et un sioniste ». Son programme pour un réseau syndicaliste de communautés socialistes, présenté à la conférence sioniste de Romni, en 1911, a eu une certaine influence sur la création des kibboutzim.

Il a même été avancé que sa famille était en fait d'origine Subbotnik, un ensemble de groupes descendants de paysans chrétiens ayant rompus avec le christianisme sous le règne de Catherine II de Russie, à la fin du 16e siècle pour s'auto-convertir au judaïsme.

Trumpeldor fonda également, parallèlement à David Ben Gourion et Yitzhak Ben-Zvi aux États-Unis, le mouvement He-Halutz, organisation pionnière juive visant à préparer de jeunes Juifs à s'installer en Eretz-Israël. C'est en 1920, à 40 ans seulement, qu'il fut tué à Tel Haï, au cours d'une escarmouche avec un groupe d'insurgés anti-français issus d'un village libanais proche.

Symbole de l'auto-défense juive, il est honoré par les partis politiques sionistes de gauche et de droite. Le Betar, mouvement de jeunesse de droite, tient son nom en mémoire à la forteresse de Betar dans la révolte de Bar Kochva, mais aussi de Trumpeldor, puisque Betar est l'acronyme hébraïque de Brit Yosef Trumpledor ou « Ligue de Joseph Trumpeldor ».

La ville de Kyriat Shmona (« la cité des 8 ») fut aussi nommée à la mémoire de Trumpeldor et des sept hommes et femmes qui furent tués en défendant Tel Hai.

A Tel Aviv, il symbolise les grands hommes d'Israël et du sionisme, via le cimetière Trumpeldor.